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Aeroport Luxembourg

Depuis de nombreuses années, les autorités de l’aéroport de Luxembourg tentent de mettre des mesures en œuvre afin de limiter le bruit ainsi que le nombre de personnes nouvellement exposées.

Point sur une situation parfois critique entre les riverains et les autorités.

Un couvre-feu aérien

Depuis de nombreuses années, les autorités, conscientes des nuisances sonores causées par l’aéroport, tentent de trouver des solutions pour améliorer le quotidien des riverains.

La première action a été de mettre en place un arrêté grand-ducal, (modifié du 24 mai 1998), fixant les conditions d’exploitation technique et opérationnelle de l’aéroport de Luxembourg. Les heures d’ouverture et de circulation aérienne sont donc fixées entre 6 heures et 23 heures.

Au niveau des infrastructures, des progrès ont également été réalisés afin de réduire les nuisances sonores provoqués par les avions des compagnies luxembourgeoises.
Cependant, l’aéroport accueille également des appareils d’autres compagnies étrangères, même s’ils ne respectent pas les normes imposées aux compagnies luxembourgeoises en termes d’émission sonore.

Une cartographie du bruit pour créer un plan d’action

Bien entendu, les autorités sont conscientes du fait que l’implantation géographique de l’aéroport, proche de la ville, nécessite des aménagements spécifiques afin de prémunir les riverains contre le bruit.

En janvier 2008, une charte entre usagers, riverains et autorités était signée.
Elle concernait  la pratique de l’écolage et de l’entrainement continu de l’aviation générale à l’aéroport du Findel ; son objectif était de gérer les émissions et les nuisances sonores à proximité de l’aéroport, en rapport avec la formation des pilotes de l’aviation générale, tout en veillant à ne pas remettre en cause l’intérêt et la légitimité des ces activités.

Pour continuer dans cette voie, le ministre de l’Environnement en place (qui avait signé la charte quelques mois plus tôt) faisait un point sur les nuisances sonores quelques mois plus tard et établissait une nouvelle cartographie du bruit.
Selon ce rapport, 10 communes proches du Findel étaient touchées par les nuisances sonores : 3.900 personnes étaient exposées à un Lden supérieur à 65 décibels et 18.400 devaient supporter quotidiennement un Lden de plus de 60 décibels.

2 ans plus tard, le Ministère du Développement durable et des Infrastructures entre également en action, en proposant un « Plan d’action de lutte contre le bruit de l’aéroport de Luxembourg ».
Par ses mesures, ce plan visait principalement à réduire les nuisances sonores à la source dans les zones de gestion de bruit identifiées grâce à la cartographie du bruit.

Parmi les solutions dégagées, la question de l’isolation des habitations a été abordée.
En effet, comme évoqué dans le plan : « Le seul moyen d’action efficace qui permet d’obtenir une réduction substantielle et durable du bruit pour les riverains dans les zones fortement exposées est d’agir sur les habitations  elles-mêmes. Ceci est réalisé en isolant acoustiquement les habitations de sorte que les niveaux de bruit qui subsistent à l’intérieur des habitations soient compatibles avec l’utilisation spécifique des locaux. Cependant, en vue d’assurer la pérennité des investissements consentis, il est nécessaire que le degré d’isolation acoustique réalisé corresponde à un dimensionnement durable, c’est-à-dire qu’il corresponde non seulement aux niveaux de bruits actuels, mais aussi aux niveaux de bruit envisagés à plus long terme. »

Le plan indiquait aussi les actions futures qui seraient mises en place pour insonoriser les habitations.
Bien entendu, seules les habitations considérées comme exposées (selon des critères précis) seraient concernées et les moyens seraient mis en œuvre en fonction du degré d’exposition, en priorisant le traitement des habitations les plus exposées (la zone A selon la cartographie du bruit).

Parmi les autres solutions évoquées, il y avait un aménagement judicieux du territoire, notamment en limitant la construction de logements et autres infrastructures sensibles dans des zones bruyantes.

Les communes soumises au bruit étaient d’ailleurs priées de ne pas créer de nouvelles zones d’habitat dans des endroits « à risque » t ont été informées de la cartographie du bruit afin d’envisager l’organisation de leur tissu urbain de manière intelligente.

Du côté des initiatives touchant à l’aménagement de l’aéroport, un groupe de travail « bruit aéroport » était chargé d’élaborer une liste de mesures anti-bruit.

Des habitations insonorisées

Comme évoqué plus haut, le plan d’action de 2010 envisageait des mesures d’insonorisation des logements situés dans des zones de bruit.

C’est en octobre 2011 que la Chambre des députés a adopté le projet de loi créant le régime d’aides pour l’insonorisation des logements situés à proximité de l’aéroport du Findel.
Cette mesure, encore d’actualité notamment à cause de la polémique des vols de nuit pour la survie de Cargolux, vise à aider les riverains de l’aéroport à mieux supporter le bruit des avions.

Bien entendu, tous les logements ne pourront bénéficier de cette aide financière.
Sont concernés les propriétaires de bâtiments d’habitation situés sur le territoire des communes de Betzdorf, Flaxweiler, Hesperange, Luxembourg, Niederanven, Sandweiler et Schuttrange et dont l’autorisation de construire a été délivrée avant le 31 août 1986 (date de l’entrée en vigueur du plan d’aménagement partiel «Aéroport et Environs»).

Pour déterminer les mesures d’insonorisation nécessaire, un conseiller en acoustique du bâtiment devra établir un diagnostique sur la manière d’améliorer l’isolation acoustique du logement.

La subvention de l’Etat n’est accordée que pour les travaux suivants :
– le remplacement des fenêtres ;
– l’isolation des caissons à rouleaux ;
– la mise en place d’une ventilation contrôlée ;
– les travaux de tapissage et de plâtrerie ;
– l’assainissement de la toiture ou de la dalle de grenier.

Du côté du montant de l’ensemble des subventions octroyées pour ces investissements d’insonorisation, il est limité à à 12.500 euros pour une maison et à 6.250 euros pour un appartement.

Pour en bénéficier, il faut obtenir un conseil préalable en matière d’amélioration de l’isolation acoustique ; et les travaux doivent être supervisés par un conseiller en acoustique du bâtiment.
Ces montants peuvent être couverts par les aides, avec un plafond cependant.

Pour la réalisation d’un rapport de conseil, une subvention de 70 euros / heure est accordée, sans toutefois dépasser :
– 1.000 euros pour une maison;

– 1.200 euros pour un bâtiment d’habitation à appartements se composant de deux appartements.
A ce montant de base s’ajoute un supplément de 100 euros pour chaque appartement supplémentaire.

Notez que le montant total à allouer est plafonné à 1.500 euros.
Le conseiller sera également tenu de faire un rapport d’achèvement des travaux.

Pour la supervision et la surveillance des travaux effectués, la subvention accordée est également de 70 euros / heure et les plafonds sont les suivants :
– 1.000 euros pour une maison;

– 1.200 euros pour un bâtiment d’habitation à appartements se composant de deux appartements.
A ce montant de base s’ajoute un supplément de 100 euros pour chaque appartement supplémentaire.
Le montant total à allouer est aussi plafonné à 1.500 euros et il est accordé pour un bâtiment  d’habitation à appartements. Les subventions sont réparties à parts égales entre tous les appartements dudit bâtiment, peu importe le nombre d’appartements effectivement concernés par les travaux.

Les subventions sont allouées sur base des factures dûment acquittées et reprenant les travaux couverts par ces aides.
Toute demande d’aides doit être introduite par courrier recommandé (avec accusé de réception) ou par envoi électronique certifié, auprès de l’Administration.

 

Pour plus d’informations sur ces aides et sur le plan d’action contre les nuisances sonores, contactez le portail de l’environnement ou surfez sur www.emwelt.lu