Le Home-sitting: partir l’esprit libre
1 (20%) 1 vote

Qui s’occupera de vos animaux, si vous en avez, ou fera vivre votre maison ou votre appartement si  vous vous absentez pour un week-end prolongé ou pour un long séjour ? Une question qui tient souvent du casse-tête. Et qui a pourtant une réponse toute simple et pratique : le home-sitting.

Le home sitting, c’est quoi ? Une idée qui nous est venue des Etats-Unis mais qui – un simple coup d’œil sur Internet suffit à s’en convaincre – a maintenant trouvé toute sa place sur le Vieux continent. C’est du problème de la garde des animaux pendant les vacances de leurs propriétaires – que ce soit un simple city-trip ou un voyage au long cours – qu’est née cette idée qui a très vite fait fureur. Et qui tient un chouïa de l’œuf de Colomb tant elle est simple : pourquoi ne pas, en effet, lors d’une absence, confier les animaux à des personnes à qui l’on prête du même coup la maison ? Des personnes que l’on peut ne pas connaître mais qui – forcément ! – doivent être de confiance. Et à qui, ainsi, l’on offre la possibilité de voyager et d’avoir des vacances sans supporter un coût d’hôtel ou de logement.

Comment être sûr que ces personnes, que l’on peut très bien ne pas connaître du tout, sont dignes de confiance ? Encore une fois, c’est d’une simplicité enfantine : il suffit de s’adresser à l’une des nombreuses associations qui rassemblent des candidats et qui, par leur règlement interne – car il n’y a dans aucun pays une législation relative au home-sitting – s’assurent de cette honorabilité. Tout comme elles établissent clairement ce qui peut et ce qui ne peut pas être demandé aux occupants, tenus d’agir en « bon père de famille ». Puisque ceux-ci ne sont bien sûr pas taillables et corvéables à merci et ne touchent aucun paiement. Certaines des associations et organisations – auxquelles chercheurs et, parfois, demandeurs paient une cotisation ou une forme de participation aux frais – ont aussi des assurances qui couvrent les home-sitters et le bien où ils se rendent. Mais pas toutes. Car il est vrai que les assurances des propriétaires peuvent très bien suffire. Dans mon cas, un simple coup de fil à mon courtier m’a suffi pour savoir que je n’avais aucun souci à me faire de ce côté. D’autant moins que j’avais dès lors prévenu, ce qui est une précaution à conseiller et qui peut, le cas échéant, amener à un contrat particulier. Surtout que, nous, nous laissions aussi une voiture à disposition. Pour deux raisons. L’une, personnelle, qui est que nous connaissions ces personnes en échangeant avec elles, par mail, depuis plusieurs années – au point de pouvoir parler d’amis ; l’autre, pratique, qui est que nous habitons en zone rurale et que, sans voiture, ce serait même difficile d’aller faire les courses.

D’abord voir dans son entourage

Vous le devinez, notre cas est un peu particulier. C’est du home sitting sans tout à fait l’être. Pierre et Jeanne, qui nous sont spécialement venus du Québec avec leur truculent accent, nous les avons rencontrés il y a plusieurs années sur un forum Internet de voyageurs, en cherchant des conseils sur l’Asie du Sud-Est. Et nous sommes restés en contact étroit. Reste que, lorsque j’ai été les chercher sur un quai de la gare, à Luxembourg, c’était malgré tout une découverte. Tandis qu’ils m’avaient entre-temps indiqué qu’ils sont inscrits dans une association de candidats home-sitters. L’année dernière, d’ailleurs, ils étaient en Normandie, pour du home-sitting.

Ces précisions sur notre expérience ne sont pas sans raison. Parce que l’on peut aussi d’abord chercher dans son entourage et ses connaissances pour trouver les occupants. Si, en plus, la maison (ou l’appartement) est située dans un cadre agréable et/ou une région qui mérite d’être visitée, vous trouverez sans doute des candidats. Même si beaucoup est bien sûr question de la durée de votre absence.

Faut-il même préciser que les candidats home-sitters sont dans leur écrasante majorité des pensionnés ou pré-pensionnés ? Ils disposent en effet du temps nécessaire et le système leur permet de voyager à moindre coût.

Si le home-sitting s’est donc quasi de suite étendu de la simple garde d’animaux à celle d’un bien immobilier, il a aussi dans la foulée donné naissance à deux autres mécanismes. D’abord celui de l’échange pur et simple, sorte de home-sitting réciproque. Nombre d’organismes de home-sitting proposent aussi cette possibilité. Ensuite, celui de « couch-sitting ». Là, le principe est un peu différent : il s’agit en effet d’héberger gratuitement des voyageurs.

Bien se renseigner

 

Avant de passer par une association ou une entreprise – car certains en ont fait un business – il importe de bien se renseigner.

Ainsi, par exemple, des entreprises demandent-elles un paiement pour le home-sitter. Alors que, généralement, les associations ne demandent rien et c’est bien évidemment cette option qu’il faut prendre en considération.

Puisqu’il n’y a aucune législation, il vous faut aussi bien examiner les accords proposés entre home-sitters et propriétaires par les organismes ainsi que la couverture d’assurance.

Les accords, en effet, peuvent varier assez sensiblement. Le minimum demandé est toujours de prendre soin des animaux s’il y en a, d’entretenir les plantes et d’occuper la maison un minimum de temps, histoire de dissuader les cambrioleurs. Sans oublier bien évidemment l’élémentaire qui est de relever la boîte aux lettres et de sortir les poubelles. Si vous avez un jardin, l’entretien de bon sens pourra aussi être demandé, éventuellement contre un minimum de paiement mais, là, tout dépendra aussi du home-sitter. J’en connais qui souhaitent l’entretien du jardin, par plaisir.

Pour ce qui est des assurances, les choses peuvent varier selon que vous habitiez au Luxembourg, en Belgique ou en France. Pour la Belgique, le simple fait de prévenir notre courtier a suffit pour que notre assurance soit valable. Au Luxembourg, les contacts que nous avons pris indiquent certaines divergences d’interprétation et il faut donc voir au cas par cas, via son courtier ou son assureur. Pour la France, on nous indique que, du fait de l’absence de législation, la plupart des assureurs des propriétaires de bien ne couvriraient pas le home-sitter. La solution est dès lors de faire par vous-même, ou d’exiger de l’organisation qui met le home-sitter à votre disposition, un contrat stipulant bien évidemment les date et durée du séjour, les recours en cas de problèmes engageant la responsabilité du home-sitter, les dédommagements éventuels si l’engagement à faire le home-sitting n’est pas respecté etc. Ceci dans un évident esprit de bon sens puisque – et pour ne citer que cela – si votre lave-vaisselle rend l’âme pendant votre absence, la responsabilité du home-sitter n’est pas nécessairement engagée, sauf à ce qu’il l’aie délibérément mal utilisé (ce qui resterait à prouver et encore faudrait-il qu’il aie pu disposer du mode d’emploi…). Ce contrat prendra la forme d’une couverture en responsabilité civile, généralement appelée clause de villégiature, pour que les dommages éventuels dûs au home-sitter soient couverts.

Cela dit, rappelons-le, la plupart du temps, le simple fait de prévenir son assureur suffit à établir la couverture. Il faudra fournir les noms et coordonnées du home-sitter, et certaines compagnies pourraient demander un certificat de bonne vie et mœurs ou extrait de casier judiciaire.

A noter toutefois que, si vous passez par une entreprise (et non une association) de home-sitting son assurance en responsabilité civile sera engagée pour les éventuels dommages, à la condition que la responsabilité de cette entreprise puisse être établie.

Enfin, si vous êtes locataire du bien que vous occupez, rien n’empêche le home-sitting. A condition que votre propriétaire soit d’accord et que vous lui fournissiez la preuve de l’assurance.

Il reste maintenant à At Home de vous souhaiter les meilleures vacances du monde, l’esprit libre !

Marc Vandermeir